dimanche 13 novembre 2011

La social-écologie de François Hollande contre le passif environnemental de la droite

Aurélie Filippetti ainsi que Géraud Guibert, Philippe Plisson, Philippe Tourtelier et Christophe Caresche, députés et membres du Pôle écologique du Parti socialiste, signent une tribune dans Le Monde du 27 octobre: La social-écologie de François Hollande contre le passif environnemental de la droite.
Après la réussite des primaires citoyennes, l'UMP est en peine de défendre son projet, inexistant. Chque ministre est donc sommé d'apporter son coup de plume à la caricature du projet du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande. Ainsi la tribune publiée par la ministre de l'écologie dans Le Monde daté du 20 octobre.

Pourtant, quel échec de la droite en ce domaine et que de renoncements, résumés par le passage de  Nicolas Sarkozy du Grenelle de l'environnement en 2007 à un cinglant "toutes ces questions d'environnement ça commence à bien faire !" de 2010 !

Après les dix années de pouvoir de droite, la France investit 0,15 % par point de PIB dans les énergies propres, soit neuf fois moins que l'Allemagne et cinq fois moins que la Chine. Le retard est net pour l'innovation, la conception et la production. Aucune entreprise française ne figure parmi les dix premiers producteurs mondiaux ni d'éoliennes, ni de cellules photovoltaïques. Le stop-and-go fiscal a été désastreux pour le solaire, car l'insécurité juridique a déstructuré les embryons de filière française. L'absence de politique industrielle a d'abord contraint à l'utilisation de panneaux produits en Chine ou en Allemagne, puis le moratoire imposé par le gouvernement en décembre 2010 a provoqué la perte de plusieurs PME et de 10 000 à 15 000 emplois.

Notre production éolienne par habitant nous place treisième en Europe et les nouvelles contraintes réglementaires de la ministre elle-même rendent l'objectif de 2020 hors d'atteinte. Enfin il n'y a aucune production dans l'éolien offshore, à la différence de la Grande-Bretagne (1 340 MW installés) ou du Danemark (870 MW), les appels d'offre ayant été publiés avec des années de retard.

En matière d'économies d'énergie, clef de voûte de la transition énergétique, le bilan est aussi peu reluisant. Or l'énergie est un facteur majeur d'aggravation des inégalités avec la hausse tendancielle des prix. Pourtant l'effort budgétaire de l'Etat pour l'isolation des logements n'a pratiquement pas augmenté. Plus de 3 millions de ménages souffrent du froid ; sur les 400 000 logements qu'il faudrait rénover chaque année, seuls 150 000 le sont. Le prêt à taux zéro et le crédit d'impôt développement durable ne s'adressent qu'aux propriétaires, ce qui laisse dans la précarité énergétique les locataires. Comment ainsi pourrait-on espérer atteindre l'objectif, pourtant fixé par la loi, de diviserpar quatre les émissions de gaz à effet de serre ?

Il nous faut aussi revenir sur le catastrophique épisode de la taxe carbone, une réforme "aussi importante que la peine de mort" selon le président de la République, qui a été si mal engagée qu'elle a décrédibilisé pour longtemps dans l'esprit des Français toute idée de fiscalité écologique !

Le Grenelle "2" a dénaturé les principes du Grenelle 1. Contre la pollution lumineuse, la ministre vante son décret durcissant les normes pour les éclairages publics mais oublie que les acteurs en sont les collectivités locales, majoritairement de gauche. Ce sont elles qui financent, et elles joueront demain un rôle majeur dans la nouvelle politique énergétique voulue par François Hollande. Rappelons aussi les reports incessants de la taxe poids lourds, les reculs sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) sous la pression du Medef, la réforme a minima de la procédure d'enquête publique, la fuite en avant sur les programmes de constructions et d'exportations dans le domaine du nucléaire, quand tous les autres pays tirent les leçons de Fuskushima.

Enfin, le dernier exemple de l'incurie du gouvernement est dramatique : alors que la France est sommée par la Commission européenne de s'expliquer sur la prolifération d'algues vertes, un décret assouplit les normes d'épandage du lisier qui en est à l'origine !

Voilà pour le bilan. Mais la critique des orientations tracées par le candidat socialiste était tout aussi mensongère. François Hollande a choisi de faire de l'écologie et de la réindustrialisation verte un pilier de la relance économique du pays dans une période de chômage inquiétant.

Oui, pour réorienter l'épargne vers l'économie verte, François Hollande propose un livret de développement durable refondu, au plafond plus élevé et aux modalités différentes, qui permettra enfin de mobiliser des ressources qui ne sont aujourd'hui qu'à 10 % utilisées pour la protection de l'environnement.
Oui, la grande réforme fiscale prônée par François Hollande rendra nos prélèvements plus équitables socialement, mais aussi plus incitatifs aux bons comportements écologiques, en y intégrant une contribution climat-énergie. C'est ainsi que l'on développera des industries et des emplois dans les secteurs cruciaux de l'efficacité énergétique, de l'amélioration des réseaux, des technologies vertes.

Oui, la gauche organisera des états généraux des transports pour conjuguer déplacements décarbonés et aménagement équilibré du territoire, dans le cadre d'une nouvelle grande étape de la décentralisation.
Oui, la gauche s'attaquera à la précarité énergétique et sociale, car les questions environnementales sont des urgences sociales.
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Retrouvez l'intégralité de cette tribune sur LeMonde.fr 
Aurélie Filippetti, Géraud Guibert, Philippe Plisson, Philippe Tourtelier, Christophe Caresche, députés et membres du Pôle écologique du Parti socialiste.

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